Prête-toi ma plume, vos portraits rédigés : épisode 63
S’il est né dans le Plat Pays, notre héros du jour n’a pourtant pas peur du relief ! Sauf que c’est dans les profondeurs qu’il va le chercher… Quelque part entre plongée et biologie, entre mer du Nord et Méditerranée, « Prête-toi ma plume » vous emmène à la rencontre d’Arnaud Boulenger, qui s’emploie à réparer les écosystèmes avec autant d’entrain que d’optimisme.
Au départ, son truc à lui, ce sont les grands félins : leur comportement, leur caractère, la lumière écrasante des grandes plaines africaines…
La biologie, donc, était une évidence pour Arnaud. Mais la mer ? Pas du tout. Certes, il plonge un peu, de temps en temps, au hasard d’un baptême à l’adolescence puis de vacances chez un ami. Il aime la mer, les week-ends en famille sur la côte belge, les vacances chez sa grand-mère au bord de la Méditerranée…
Mais la Grande Bleue est un univers qu’il connaît peu. Et c’est ce manque, justement, qui le pousse à apprendre la biologie marine.
Premiers plongeons
Il choisit donc un Master sur le sujet, axé sur la conservation et l’éthologie appliquée. Son diplôme, proposé par plusieurs universités européennes partenaires, le fait voyager de Gand à Roscoff, d’Ostende aux Philippines…
Ou pas, car le Covid s’en mêle et le programme s’emmêle : son stage sur les requins et sur l’influence qu’a sur eux la plongée récréative aux Philippines est annulé et remplacé par un autre stage en ligne. Mais même derrière un écran, Arnaud élargit son horizon : car c’est là qu’il commence à s’intéresser à la préservation et à la restauration des habitats.
Exploration(s)
Et si, en réparant les habitats, on réparait les espèces ? Pour qu’elles puissent se reproduire, pour que les juvéniles grandissent en sécurité… L’habitat, c’est la clé de beaucoup de choses ! Au fil d’un autre stage, Arnaud étudie la création de récifs de moules sur fonds sableux. Pour limiter l’érosion, certes. Mais pas seulement.
Il réalise des études et des mesures pour comparer la biodiversité observée sur ces bancs de moules par rapport aux fonds sableux classiques. Et il trouve sa voie : celle de la réparation. Avoir un impact positif. Ne pas se contenter de protéger, mais restaurer. Et en profondeur.
Rebond(s)
Une fois diplômé, Arnaud recherche un poste réunissant la plongée scientifique et la restauration des habitats marins. Il postule comme technicien, ingénieur de recherche ou de doctorat… Il contacte beaucoup de monde, notamment une chercheuse en océanographie de l’université de Liège.
Et il fait bien ! Car elle travaille sur les herbiers de Posidonie, en lien avec la station STARESO située en Haute-Corse. Ensemble, ils soumettent au Fonds national de la recherche scientifique de Belgique un projet sur la restauration de la posidonie, qui est accepté ! Arnaud part donc en Corse.
Le grand saut
Pendant quatre ans, il développe des méthodes pour réparer les herbiers de posidonie de l’Île de Beauté, détruits par l’ancrage des bateaux de plaisance. Il réalise l’importance de d’abord diminuer la pression sur les écosystèmes, pour que ceux-ci se portent mieux, avant d’envisager des projets de restauration.
Fin 2025, Arnaud boucle sa thèse. On lui propose alors un contrat post-doc qu’il accepte avec plaisir. Planter des boutures, évaluer le rétablissement des fonctions écologiques des herbiers de posidonie, collecter des données, étudier l’état de santé des eaux marines de Corse : tous les jours, Arnaud travaille, mesure, plonge, apprend : la réparation, ça ne s’improvise pas !
©️ Marion Haug / Scribox – avril 2026. Merci à Arnaud de s’être prêté au jeu de « Prête-toi ma plume » !