Prête-toi ma plume, vos portraits rédigés : hors-série été 2025
Il était une fois le navire auquel l’auteure de ces lignes doit ses plus beaux souvenirs en mer… Mais si « Prête-toi ma plume » traverse aujourd’hui le temps autant que l’océan pour vous présenter Émilie Beau, nous sommes
bien loin du conte de fées. Car il y a plutôt des comptes, et des faits, dans le parcours aux airs de défi qu’elle écrit envers et contre les vents, les marées et les champignons.

Quoiqu’il advienne, Émilie reste ancrée dans sa Vienne natale : pas celle des valses, mais celle du Poitou, où elle grandit jusqu’au Bac.
Pour ses études, elle met le cap sur Bordeaux, où elle décroche un DUT de publicité, information et communication.
Elle travaille ensuite quelque temps en agence à Paris. Mais très vite, l’Aquitaine la rappelle. Et c’est sur les bords de la Garonne qu’elle découvre un nouvel horizon : les études socio-économiques pour les entreprises de la région. Au départ, elle n’y connaît rien ! Mais les pages blanches, justement, elle adore ça.
Toujours droit devant
Émilie apprend… Et neuf ans plus tard, elle rejoint un tout autre univers : la voilà responsable des relations institutionnelles au cabinet du Président de la Région Aquitaine. Un territoire auquel elle est attachée, une curiosité à toute épreuve, une opportunité à saisir : elle signe sans hésiter.
Son prochain défi ? Elle le devra presque au hasard… Un site abandonné par le ministère de la Défense, un rachat par la Région, une idée de construire un campus aéronautique et spatial : très vite, elle monte à bord de ce nouveau projet. Sans aucun regret, puisque AEROCAMPUS Aquitaine passionnera Émilie pendant six ans.



C’est un fameux trois-mâts
Car ses valeurs lui donnent des ailes. Dans le monde de l’aviation, où se croisent enjeux civils et militaires, elle trouve du (bon) sens et de (bonnes) intentions. Accompagner une filière économique, former les jeunes générations, valoriser des savoir-faire : Émilie tient enfin son cap.
Mais finalement, au hasard des rencontres, ce n’est pas dans les avions que son énergie la porte, mais sur le pont d’une frégate d’un autre siècle, fière comme un albatros, droite comme un soleil, célèbre comme la liberté : l’Hermione, illustre réplique du trois-mâts qui mena le marquis de La Fayette à la rescousse des insurgés américains en 1780.



Tiens bon la vague
Les États-Unis, justement, le navire en revient : après un voyage inaugural plein de panache, il est temps pour l’association armatrice de l’Hermione d’imaginer une nouvelle phase pour son projet. Émilie n’a pas d’expérience dans le maritime, mais elle sait créer du lien entre les territoires comme entre les Hommes.
Quand elle a besoin d’air, elle s’évade à grands coups de livres et de randonnées. Mais le reste du temps, elle se donne à 1000% pour la frégate. Car l’Hermione la fascine, par son unicité et par son exigence. Chargée de développement, responsable développement, Directrice générale : Émilie gravit les échelons comme autant d’enfléchures dans les haubans, dans un mélange de prudence et de persévérance.
Hissez haut
Et là, hélas, viennent les écueils… D’abord le covid, comme tout le monde. Puis ce champignon qui ronge la coque, membrure après membrure. En 2021, le navire part en cale sèche à Bayonne, les travaux démarrent, salariés et bénévoles s’engagent encore et toujours plus. Mais pour aller au bout de la restauration, l’association a besoin d’argent.
Transmettre l’Histoire de France, porter les couleurs de la liberté, sauver le patrimoine maritime, former les marins de demain, ou juste voir cet incroyable bateau et ses joyeux gabiers reprendre la mer : nous avons tous une bonne raison de sauver l’Hermione. Émilie fait tout ce qu’elle peut pour relever le défi. Et vous ?
©️ Marion Haug / Scribox – juillet 2025. Merci à Émilie de s’être prêtée au jeu de « Prête-toi ma plume » !

« Prête-toi ma plume », votre série rédigée de portraits de professionnels de la mer, a reçu la labellisation « La mer en commun » en 2025 dans le cadre de l’Année de la Mer.