Prête-toi ma plume, vos portraits rédigés : épisode 68
Dans la vie professionnelle, il y a les bâtisseurs et les gestionnaires : ceux qui conçoivent, qui construisent, qui posent les bases, et ceux qui font ensuite tourner les machines. Aujourd’hui, « Prête-toi ma plume » vous emmène dans les coursives d’une carrière bien remplie : celle de Marie-Louise Giudicelli, qui bâtit pierre après pierre, port après port, année après année.
Elle naît et grandit en Corse, au rythme des gros bateaux qui viennent et reviennent dans la baie d’Ajaccio.
Son enfance s’écrit au fil des balades sur le port avec ses parents, des escapades sur la plage et des mois d’août au village.
Marie-Louise passe un Bac C (scientifique) et ne sait pas trop ce qu’elle veut faire de sa vie. Le business l’attire, le prestige de l’entreprise aussi : elle s’inscrit donc en école de commerce à Marseille. Et c’est en cherchant un job pour financer ses études qu’elle attrape un virus qui ne la quittera plus : celui des voyages.
Fille de l’air
Car pendant ses vacances d’été et de fin d’année, elle travaille chez Air France comme hôtesse de l’air. C’est pour elle une vraie bouffée d’air financière, mais aussi et surtout l’occasion de voir du pays ou plutôt, des pays ! Son premier vol long courrier la mène jusqu’à Dakar et elle en garde aujourd’hui encore un souvenir magique.
Au point qu’elle hésite, à la fin de ses études, à en faire son métier à temps plein… Mais la curiosité l’emporte, et pour élargir encore son horizon, elle cherche une autre voie. Après un ou deux contrats qui ne la passionnent pas, elle croise la route d’un professionnel du maritime.
Terre et mer
Et elle trouve son cap. Après tout, elle a un peu de sang bleu puisque ses oncles travaillent dans le maritime ! La voilà donc attachée de direction chez un transitaire qui exploite des navires vers Madagascar et l’île Maurice : une entreprise familiale pour laquelle elle se passionne.
Elle apprend le métier à l’ancienne, c’est-à-dire sur le tas. L’expérience est assez courte, un an à peine, mais très intense et révélatrice : Marie-Louise est faite pour travailler dans le maritime et le portuaire, c’est désormais très clair dans son esprit.
Vitesse de croisière
Peu après, elle croise la route d’un homme qui compte beaucoup dans sa carrière, Jacques Truau, en rejoignant le service des affaires maritimes de la CCI. Ensemble, ils imaginent un plan de développement pour le port de Marseille-Fos. Réunions, rencontres, filières : pour Marie-Louise, c’est le dossier de sa vie !
Dans la foulée, elle travaille sur la logistique et la croisière, puis fait un petit tour par la case aéroport, où elle s’occupe des redevances extra-aéronautiques, avant de revenir au siège de la CCI de Marseille comme Directrice transport et logistique.
D’île en île
Mais la Corse l’appelle… Elle rentre à Ajaccio, intègre la CCI locale et, après deux ans de tuilage, devient directrice des ports puis des croisières. Marie-Louise est insulaire avant tout ! Alors elle s’échappe quelques mois sur une autre île, plus lointaine, plus froide, mais tout aussi belle que la Corse, comme préfiguratrice du grand port maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Puis elle rejoint l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, à Paris, avant de retrouver son bureau ajaccien. Promotion, programmation, salons : en charge des croisières, Marie-Louise poursuit son chemin à l’Établissement Public du Commerce et de l’Industrie de Corse, à l’ombre des (grands) bâtiments des mers.
©️ Marion Haug / Scribox – juin 2026. Merci à Marie-Louise de s’être prêtée au jeu de « Prête-toi ma plume » !