Prête-toi ma plume, vos portraits rédigés : épisode 65
Dans ce nouvel épisode, « Prête-toi ma plume » vous entraîne sur les traces de Bénédicte Ezvan-André, une professionnelle de la mer qui a plus d’une corde à son arc ! Car son truc à elle, c’est de jongler entre les gens, entre les genres et entre les métiers, pour mettre en relation l’humain et l’environnement, le civil et le militaire, l’océanographie et la météorologie.
C’est une enfant du sérail, ou plutôt de l’arsenal : celui de Lorient, où son père était ingénieur. Les chiens ne font pas des chats…
Bénédicte grandit donc en Bretagne, avec la mer juste sous les yeux. Et justement, c’est par le regard qu’elle apprend à aimer la Grande Bleue.
Elle ne rêve ni de grandes aventures à la voile, ni de cargos gigantesques, ni d’exploration silencieuse dans les profondeurs… Mais elle ouvre grand les yeux pour contempler la mer, et ce depuis toujours. Son quotidien ? Quelques balades littorales, un peu de longe-côte, beaucoup de lecture et surtout, toute une carrière au service du monde maritime.
Sciences et techniques
Très vite, Bénédicte aime comprendre le fonctionnement des choses et des machines. Alors elle n’hésite pas à s’engager dans des études techniques et scientifiques. Elle s’inscrit au lycée à l’intérieur même de l’arsenal de Lorient, où elle passe un Bac E.
Mais elle a besoin d’un dossier en béton (armé) pour intégrer l’école de ses rêves… Alors elle rejoint un établissement plus classique pour préparer un Bac C (scientifique). Elle l’obtient, s’inscrit en prépa à Lorient et décroche, cette fois-ci, son sésame pour les études de son choix.
Environnement et océanographie
Elle tient à travailler en lien avec l’environnement. Elle intègre donc l’ENSIETA (École nationale supérieure des ingénieurs des études et techniques d’armement) à Brest, en tant qu’ingénieure militaire, et choisit l’option hydrographie-océanographie.
Après une première année de formation militaire qui lui permet notamment d’embarquer sur un navire de la Marine Nationale et de voir les côtes africaines, elle poursuit sa scolarité jusqu’à décrocher son diplôme d’ingénieur. Et comme tous les jeunes diplômés, elle cherche un poste qui lui convienne.
Certains l’aiment Shom
Bénédicte rejoint le Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), où elle reste plus de 25 ans, un peu à Toulouse, beaucoup à Brest. Au départ, elle développe des produits pour les marins à partir des prévisions océanographiques. Puis elle se forme à la météorologie et intègre cette nouvelle compétence dans ses missions.
Après quelques années comme cheffe de projet pour développer un système d’information installé sur les navires de la Marine Nationale, elle a des envies de changement et devient manager d’affaires. A partir de 2010, la voilà donc chargée de trouver des partenariats et des financements pour diversifier les ressources du Shom.
Réseaux et partenaires
Cette mission lui ouvre de nouveaux horizons : elle découvre alors l’écosystème maritime, ses acteurs, ses politiques publiques… et ses enjeux de mixité, en rejoignant notamment l’association WISTA France qui réunit les femmes du maritime (dont l’auteure de ces lignes !).
Puis Bénédicte revient à ses premières amours techniques. Elle s’occupe de la diffusion des données et du site Internet du Shom, puis des nouveaux produits cartographiques, avant de prendre sa retraite militaire. Aujourd’hui salariée du Pôle Mer Bretagne Atlantique, elle se plaît toujours dans des fonctions très transversales : animation, formation, organisation… Une chose est sûre : la mise en relation, c’est son rayon !
©️ Marion Haug / Scribox – mai 2026. Merci à Bénédicte de s’être prêtée au jeu de « Prête-toi ma plume » !